CZECH ME OUT !

De Janvier 2007 à Janvier 2008, j'effectue un Service Volontaire Européen. Ma destination : la République Tchèque. Voici le récit de mon voyage, de mon séjour, et de mon travail dans ce pays !

05 novembre 2007

TOURNAGE A PRAGUE

Last weekend, wandering through Prague with my brand new camera, I had the luck to stumble on the shooting of a scene of  a seemingly asiatic movie. Whoever can tell me who is the actress is welcome ! :)

Tournage_1

Tournage_4

Tournage_6

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15 octobre 2007

INLAND EMPIRE- Film maudit...

Inland_EmpireLast week, I wanted to watch INLAND EMPIRE, the latest (im not going to say new, because its been some months that it was realeased anywhere else in the world!) David Lynch´s movie. It was quite a surprise and a pleasure to see a copy of that 3 hours movie to arrive in Lanškroun, and a unique occasion to see it.

My curiosity was all the more fostered by this advertisement I had seen in a Czech train : you can see the poster of the movie, joined with a Jameson bottle of whiskey... This was quite surprising. Was it a mystery, a clue like in Mulholland Drive ? On which account join a brand of whiskey and a movie by David Lynch ? Do you need the bottle of whiskey after the movie, in order to repell any sense of panic or madness ? Or before to watch it, in order to get into the mood and get a chance to understand the story ? Well, I will never know... Because we were only two people willing to see the movie this night... and the minimum number of people in Lanškroun cinema to roll the reel is 4 !
So, no David Lynch. I will have to wait some more months to see the latest David Lynch.

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28 août 2007

CUT 23 - FULL METAL ALCHEMIST

FMA

Faute d´avoir grand chose a raconter sur mon sejour ici ces derniers temps, je vais remonter dans le temps, disons deux ans en arriere. Eté 2005 : FULL METAL ALCHEMIST débarque sur Canal +. Petit rappel : FMA se déroule dans un univers parallele ou l´alchimie est une science valable et efficace. Elle ne connait qu´une seule regle : la Loi de l´Echange Equivalent qui veut que pour obtenir toute chose, il faut en abandonner une autre de valeur équivalente. Pour avoir outrepassée cette loi, les freres Elric se lancent a la recherche de la Pierre Philosophale, avec laquelle ils esperent corriger les effets d´une experience alchimique qui a mal tourné pour tous deux.

      

      Voila le point de départ d´une oeuvre dont le complexité et la profondeur se révelent au fur et a mesure des 53 épisodes jusqu´a un denouement ambigue et loin du happy-end attendu pour les frangins. Ces prémices donnaient déja au manga creée par Hiromu Arakawa un potentiel visuel merveilleusement exploité par l´animation japonaise pour représenter les transmutations alchimiques, et si la trame subit de nombreuses modifications par rapport a la version papier, il en a gardé tout aussi bien l´humeur que ce talent tout japonais pour puiser son inspiration dans le monde réel, plus particulierement dans l´Hisoitre (la leur comme la notre) et y apporter un supplément d´ame.

      

      Le monde décrit dans FMA (meme si d´aspect anglo-saxon) est controlé par une caste militaire et la transmission des pouvoirs au Parlement qui intervient a la fin est une claire allusion a la capitulation japonaise. De meme la quete effrénée de la Pierre Philosophale, peut s´apparenter a une course aux armements. La Pierre cristallise les interets de tous les protagonistes pour des raisons diverses, et l´une de ces raisons est son potentiel de destruction massive, comparable a une bombe atomique ! Enfin, le sort des Ishbals, le peuple martyr et errant de la série, stigmatisés parce que différent religieusement et physiquement, chassés de leur pays et parqués dans des camps, ne peut manquer de faire penser a la Shoah. Toutes ces suppositions se trouvent confirmées dans le long-métrage censé clore la série, qui se déroule dans les années 20 dans une Allemagne menacée par la montée du fascisme.

      

      Malheureusement, je ne sais pas si les scénaristes sont à bout de carburant ou bien si c’est précisément le fait de mettre à jour les sous-entendus qui ruine tout l’effet, mais Le conquérant de Shambala, qualitativement supérieur du point de vue de l’animation, ne remplit son rôle de coda narratif que de façon bancale en essayant de répondre aux questions qu’il eut peut-être mieux fallu laisser ouverte.

      

      Mais cela n’enlève rien aux qualités d´une série deja mythique.

    L´intégralité de CUT est retrouvable et telechargeable a l´adresse suivante : www.cutlarevue.fr

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04 juin 2007

CUT 22

L´avantage de mette mes articles CUT en ligne, c´est que je peux rectifier les erreurs d´accents récurrents dans la revue ! Je suis devenu un vrai maniaque...

jara_cimrman_lezici_spiciNazdar ! En 2005, une émission de TV tchèque avait invité le public à voter pour le personnage national le plus fameux. L’exercice d’autocélébration s’est transformé en farce inouïe lorsque, au milieu des footballeurs et des rois, c’est un certain Jára Cimrman (prononcez Tsimermann !) qui a pris la tête de la course ! Qui est Jara Cimrman ? Un inventeur-pédagogue-dramaturge-révolutionnaire Tchèque de la fin du XIXe siecle, célèbre pour son théâtre et ses inventions. Malheureusement, la direction de la chaîne a été obligée de le disqualifier, sous le prétexte fallacieux que Jara Cimrman est… un personnage fictif. Tout est parti d’une pièce de théâtre, en 1967, au cours de laquelle les auteurs Zdenek Svěrak et Ladislav Smoljak déclarent solennellement avoir découvert les cahiers d’un pur génie tchèque passé aux oubliettes de l’Histoire. Génie autodidacte et protéiforme, inventeur du yaourt, il souffle a Eiffel la forme de sa tour avant de se faire souffler le brevet de l´ampoule par Edison, et conseille a Tchekhov d’écrire sur trois sœurs au lieu de deux, mais personne n’a jamais entendu parler de lui parce qu’il est victime de sa bonté ou d’une pure malchance, et aujourd’hui encore l’apport de Cimrman à l’humanité reste à déterminer avec exactitude (par exemple dans le domaine de l’informatique avec le célèbre CD = Cimrman’s Disc). Le canular ne durera pas longtemps, mais la légende est en marche, et les Tchèques l’adoptent comme leur héros. Apres le théâtre, Cimrman investira la radio, puis la télévision et enfin le cinéma avec un film pseudo-biographique quasi introuvable Jára Cimrman Lying, Sleeping (1983 – titre international) qui en dit long sur l´humour cocasse et mélancolique tcheque. (Juste pour l’anecdote on retrouve une partie des décors dans le film L’illusionniste (2006) avec Edward Norton - encore un film tourné à 90% ici). Il est me faut signaler aussi que Jara Cimrman est indissociable de Zdeněk Svěrak, son créateur et son incarnation, a la scene comme a l´écran. L’osmose entre ces deux figures est telle qu’il est dur de dire lequel doit le plus à l’autre. Figure mythique du père, Sverak est fréquemment présenté (a moitié sérieusement) comme le prochain Président, mais il forme surtout avec son fils, Jan, le duo réalisateur-acteur le plus influent et populaire du pays. C’est à eux que l’on doit Kolya, Oscar du meilleur film étranger 1996, et leur dernier film Vratne Lahve (=Les bouteilles consignées) est un succès sans appel. Voila. Il me reste encore suffisamment de place maintenant pour vous dire qu’en Tchèque grenouille se dit Jabba (merci Georges Lucas) et que Pokora signifie… humilité !?

C’est dingue, non ?    

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21 mai 2007

LA FIN DU FILM

Un site sympa pour les cinephiles faineants et/ou radins :

http://la-fin-du-film.com/

Pas la peine d´en dire plus !

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27 avril 2007

CUT 21

couvecut021_seanceLe Numéro 21 de CUT vient de sortir, avec un peu de retard. Mais voici donc mon deuxieme article Made in Tchéquie. L´intégralité de la revue est accessible en format .pdf sur le site web. On arrete plus le progrés !

Nazdar ! Je vous parlais le mois dernier de Jiři Menzel, et bien son film a raflé la plupart des Lions tchèques, les César d'ici : meilleur film, acteur, réalisateur, photographie ! Qui plus est, il triomphe au box-office, ce qui ravit le réalisateur, car, comme il l’a dit lui-même : «Ce n'est pas un film fait pour les cons». A bon entendeur salut ! En dehors des Lions tchèques il y avait aussi en mars à Prague un festival international de documentaires, nommé Jeden Svět (littéralement : “Un Monde”) qui présente des documentaires internationaux qui ont pour dénominateur commun les droits de l’homme (www.jedensvet.cz). C’est là qu’il m'a été donné d'assister à la projection d'un documentaire américain nommé Where the road bends, de Jasmine Dellal. Cette jeune réalisatrice américaine a accompagné un groupe de musique fédérant des artistes Roms de Roumanie, Inde, Espagne et Macédoine lors d'une série de concerts à guichets fermés à travers les États-Unis. Ça ne vous rappelle rien ?  Évidemment, l'analogie avec Buena Vista Social Club crève les yeux, sauf qu'ici les nonchalants papis cubains cèdent la place à un groupe de doux dingues comme on n’en voit d’habitude que dans Underground ou Chat noir chat blanc. Heureusement, Dellal n'est pas Wim Wenders et parvient à suivre le rythme grâce à un travail de montage titanesque, et offre au final une oeuvre aussi passionnante qu’instructive à ranger dans votre vidéothèque entre Kusturica et Tony Gatlif. Quel rapport avec la Tchéquie me direz-vous? Eh bien c’est qu’il a toujours existé ici (et en Slovaquie encore plus) une minorité Roms, comme l'en atteste le surnom de Bohémiens dont on les a longtemps affublés (car la République Tchèque se compose de deux grandes entités géographiques : la Bohême et la Moravie). Et aujourd'hui encore cette minorité peut se plaindre d'un traitement partial. Disons que la politique d'intégration et la volonté de s'intégrer ne sont pas encore parvenus à s'accorder, mais je n’ai pas la place ici pour m’étendre davantage sur le sujet, qui aurait besoin d’une étude sociologique au moins aussi exhaustive et poussée que, par exemple, sur l’étonnant succès d’Angélique, marquise des anges dans ce pays, pour finir sur une note plus cinématographique et plus légère aussi. Car, en effet, je peux voir chaque semaine un épisode de la saga de Bernard Borderie à la télévision tchèque et l’engouement est tel qu’une comédie musicale (www.angelikamuzical.cz) a été créée à Prague le mois dernier, et les 100 000 billets vendus laissent à penser que les Tchèques ne comptent pas pour rien les romantiques aventures de l’indomptable marquise.

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22 avril 2007

LES FANTOMES DE GOYA

goyaHonte sur moi, au moment ou j´aurais du baver devant CNN en attendant les résultats de l´élection présidentielle, j´étais en train de m´asseoir dans le cinéma de Lanškroun pour voir le dernier film de Forman. Et je n´étais pas seul ! Pres de 20 personnes avaient fait le déplacement! Incroyable pour un dimanche soir. Je n´aime pas beaucoup écrire ou penser a un film a chaud juste apres la séance, mais je crains de ne plus avoir le temps / l´envie d´ecrire par la suite. Et puis ce n´est pas pour CUT, j´ai pas a m´en faire pour la longueur, le style, etc etc... Donc, pour commencer je dois avouer que j´en avais entendu suffisamment de mal pour me déclarer relativement satisfait d´avoir dépensé 70 couronnes ce soir (soit un peu plus de 2 euros). Bien sur, j´en avais entendu du mal en provenance des médias tcheques, alors qu´au meme moment ceux-ci encensaient le film de Jiři Menzel ! Cela étant dit, il faut bien reconnaitre que si c´est un film plutot bon, c´est aussi un Miloš Forman plutot moyen.

Dur de savoir qui est le héros dans cette histoire tres tres décousue. Un peu comme dans une guerre, ca tire de tous cotés, et tout le monde a un moment ou a un autre se prend une balle qui lui est providentiellement destinée par le réalisateur et son scénariste. Jusqu´a l´arrivee des troupes de Napoleon, il est plaisant de voir l´hyprocrisie des Inquisiteurs mis a jour de facon aussi mordante. La scene ou le pretre Lorenzo finit par avouer sous la ´torture´ etre un singe est en cela particulierement prenante et reussie.

Malheureusement, la suite sombre un peu dans le grand-guignol. J´ai du mal a croire que Lorenzo puisse fuir en France et revenir comme par hasard a Madrid en tant que défenseur des idées republicaines aussi facilement que cela. Les invraisemblables coups de balancier du destin sont un peu forcés, dirons-nous. Cela dit, il est évident que c´est bien commode pour Forman puisque cela lui permet de mettre dos a dos le fanatisme religieux et le fanatisme laic, qui ne font que se preter la main. En transparence, on reconnaitra sans mal un commentaire a destination de la Guerre en Irak, ou finalement point n´est besoin de delivrer un prisonnier si celui-ci est amoureux de son geolier.

Et au milieu de tout cela, Goya est un pauvre clown qui ne peut que croquer ses contemporains sur le papier, comme Forman avec sa camera. Tous deux sont sourds a leur plainte, mais l´un rit et l´autre pleure.

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13 mars 2007

CUT # 20

     C’est pas parce que je suis en République Tchèque que je n’écris plus dans CUT, la revue de cinéma bien connue à Strasbourg. J’ai même pris du grade : de simple sous-fifre je suis devenu Senior Correspondant en direct de Tchéquie, comme sur CNN ! J’ai même MON LOGO (Fouzi, si tu lis ce message, děkuju !) à moi tout seul, c’est pas la classe ? Bon évidemment, il y a les aléas de l’imprimeur, alors comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même voici mon premier article en provenance de Tchéquie, avec les accents à la bonne place sur les bonnes lettres.

   Nazdar ! Ces derniers temps, en République Tchèque, où j’officie depuis janvier en tant que Volontaire Européen et correspondant spécial de Cut, deux films dominaient l’actualité. D’une part le film de Jiři Menzel Moi qui ai servi le roi d’Angleterre, et ensuite Les fantômes de Goya de Miloš Forman. Les deux films ont eu des accueils différents : une critique louangeuse pour le premier, et acide pour le second qui a cependant eu les honneurs d’une première très people avec la venue du Premier Ministre en personne, tandis que Menzel doit se contenter de 40 (!) copies dans tout le pays ! Cependant, les deux réalisateurs ont un point commun et pas des moindres : ce sont les représentants les plus connus de la Nouvelle Vague tchèque des années 70. Et depuis : l’éclipse ! Le cinéma tchèque peine à se trouver de nouveaux cinéastes. Mais tout n’est pas perdu. Il m’a suffi de rendre visite au petit cinéma de Lanškroun, ma ville, pour m’en convaincre. D’accord, les grosses productions US dominent : Cars, Le prestige, ou Eragon (celui-là il m’a très vite endormi, si bien que je ne saurai jamais ce que le jeune niais de paysan a fait de la grosse pilule de Viagra trouvée dans les bois). Mais CASINO ROYALE, lui, est le miroir de tout ce qui se passe ici. Pour un Tchèque, tout dans le film a un goût de déjà vu. Vous pensez voir l’aéroport de Miami ? C’est celui de Prague ! Et lorsque Bond se rend avec la coutumière souplesse du film d’action au Monténégro, ce n’est rien moins que dans la fierté ferroviaire Tchèque : le Pendolino, l’équivalent de notre TGV. Mais pourquoi est-ce que je dis Monténégro ? Toutes les scènes du casino ont en fait été filmées à Karlovy Vary et à Loket, deux charmantes cités que je me fais une joie d’aller visiter sous peu (photos disponibles très prochainement sur http://svelanskroun.canalblog.com). La leçon à tirer de tout cela : le grand gagnant de la Chute du Mur de Berlin, c’est Hollywood ! Si la pinte de bière ici est cinq fois moins chère qu’en France (výborně !), imaginez le coût du moindre technicien, du plus petit figurant… La signature par le Président Vaclav Klaus lui-même en Mai 2006 d’une loi privant le cinéma national de ses aides invite à se demander si le pays de Kafka ne se destine pas tout simplement à devenir un studio à ciel ouvert et pas seulement pour Hollywood. Olivier Dahan a tourné les trois quarts de LA MÔME à Prague, et lors de ma première visite dans la capitale, je suis moi-même tombé sur le tournage de ce qui s’est révélé être… une publicité chinoise. 

Et pour ceux qui cherchent encore les titres de films que j’ai glissé dans l’article en vertu de la charte Cutipo, les voici : L’Eclipse / Casino / Le miroir / Kafka / Déjà vu / Nouvelle Vague

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14 février 2007

CASINO ROYALE

Casino_Royale_100811cC’est la deuxième fois que je vois le nouveau James Bond. J’en pense presque tout à la fait la même chose que la première fois. Daniel Craig se coule dans le smoking avec une certaine classe. La première scène d’action à Madagascar est un pur joyau, la preuve que Martin Campbell est LE réalisateur de film d’action de ces dix dernières années. Eva Green est très belle et son accent anglais est impeccable.

Ensuite, ça se gâte un peu. Le Chiffre ne fait pas un méchant suffisamment convaincant (mais c’est peut-être la ressemblance entre Mads Mikkelsen et Bruno Salomone qui m’a troublé) pour nous faire réellement trembler. L’histoire d’amour est un peu trop fleur bleue. La fin est longue et la scène d’action finale est bien pâle (même si c’est astucieux, peut-être trop, de choisir Venise et de faire sombrer un palais vénitien comme métaphore de l’amour trahi).

En conclusion, je n’irai pas le voir une troisième fois. D’autant plus que mes nouveaux amis tchèques se sont empressés de décrédibiliser le film.

En effet, vous pensez voir l’aéroport de Miami ? C’est celui de Prague ! Et ce train qui emmène Bond au Monténégro, c’est l’équivalent tchèque du TGV : le Pendolino. Et le Monténégro lui-même est incarné par les villes de Karlovy Vary et de Loket. Quand aux scènes d’intérieur, à Venise, elles proviennent en grande partie du Musée National à Prague !

Je n’aurai sans doute jamais eu la patience d’attendre la fin du générique pour découvrir toutes ces choses très instructives !

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LE PARFUM

parfum_bigJ’ai lu le livre de Patrick Süskind il y a pas mal d’années, et en revoyant le film lundi dernier, j’ai été assez stupéfait de constater avec quelle aisance je me remémorai chaque partie du roman, chaque détail, et, au passage, la faculté qu’a le film de Tykwer de souligner (certes, à gros traits) les sous-entendus du roman, notamment les implications fascistes du pouvoir de Jean-Baptiste Grenouille.

Evidemment, je partais avec un a priori plutôt négatif. Tellement de réalisateurs s’étaient cassés les dents sur l’adaptation, dont Kubrick, que ça en devenait un handicap insurmontable pour Tom Tykwer.

Mais finalement, il a relevé le pari d’une façon plutôt satisfaisante. Certes, il sacrifie à certaines facilités, notamment en usant d’un narrateur extra-diégétique et pompe la prose de Süskind en veux-tu en voila… Mais il a suffisamment de métier pour lier tout cela ensemble.

Cependant, les passages les plus intéressants sont sans aucun doute ceux où Grenouille commet ses pires crimes, notamment lorsqu’il « vole » l’odeur de ses victimes, enrobées dans leur cocon de paraphine. Et cela soulève une question intéressante : jamais on ne met en cause la quête de Grenouille ! On est constamment de son côté, on veut nous faire trembler pour lui, non pas pour l’assassin qui est en lui, mais plutôt pour l’artiste qui est sur la voie du chef d’œuvre !

Ce chef d’œuvre, c’est un parfum, et c’est surtout la scène d’orgie monstrueuse de la fin. Grâce à son pouvoir, il contrôle la foule en délire du haut de la tribune, tel un tribun, un führer, et il plonge tout le monde dans un maëlstrom d’émotions et de désir. Il devient le maître. Son pouvoir devient réellement troublant.

Un tel tableau est plus simple sans doute à écrire qu’à mettre en scène, malgré le concours manifestement enthousiaste de centaines de participants. Tykwer sacrifie à la fois aux maîtres de la peinture et aux censeurs : en vain cherchera t-on la moindre pornographie, c’est de l’érotisme à l’état pur, ce qui est tout à fait justifié eu égard au pouvoir de Grenouille.

En somme, un résultat honorable. Même si on aura toujours davantage d’affinités avec le roman. 

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