23 janvier 2007
ARGENT, POGNON, FLOUZE, TUNE etc...
Avant l’arrivée de l’Euro, on pouvait beaucoup apprendre sur l’histoire d’un pays rien qu’à regarder les billets et les pièces de ce pays. Maintenant, en France par exemple, on peut juste découvrir un pont, une arcade, un vitrail sur nos billets et de temps en temps un monument étranger (porte de Brandebourg, Colisée...) quand une pièce étrangère nous tombe entre les mains. En Tchéquie, pas encore d’euros, il y a encore les visages de leurs grands hommes (et femmes ! c’est presque du 50/50). Petite revue d’effectifs.
Les billets de 50 COURONNES sont à l’effigie de Sainte Agnès Ceska (1211-1282). Elle etait la fille du roi de Boheme Premyls Otokar Ier et entra dans les ordres apres la rupture de son mariage avec Frederick II. Elle a ete canonise en 1989 par JeanPaul II himself ! Les billets de 100 COURONNES portent l’auguste visage de Charles IV (1316-1378). Roi de Bohême en 1346, il est élu en 1355 Empereur du Saint-Empire Romain Germanique. Roi Francophile, roi mécène, c’est sous son règne que Prague connaîtra son premier âge d’or artistique. En 1348, il fonde l’université Charles, la première d’Europe Centrale, et embellit sa ville. C’est à lui qu’on doit le célèbre pont Charles. Les billets de 200 COURONNES sont ornés du visage de Jan Amos Komensky (1592-1670), aussi connu sous son nom latin : Comenius. Philosophe, grammairien et pédagogue tchèque. Fils de meunier, il sera éduqué dans une école latine et protégé par des moines calvinistes. Il devient pasteur à Fulneck, mais en 1621, lors de la guerre de Trente Ans, les troupes espagnoles le forcent à fuir la ville et à abandonner sa femme et ses enfants qui mourront de la peste. Il se réfugie en Pologne, devient une personnalité très respectée. Richelieu tentera en vain de l’inviter en France. Il s’établit en Angleterre, puis en Suède dont il reforme le système scolaire, et reçoit même la proposition d’aller diriger la toute nouvelle université d’Harvard dans le Nouveau Monde ! Chassé une fois de plus de Pologne par les Catholiques, il trouve refuge dans les Province-Unies, à Amsterdam plus précisément, où il finira sa vie. L’éducation étant pour lui une nécessité absolue, son œuvre le fait généralement considérer comme le père de l’éducation moderne. Il avait comme objectif une science rationnelle universelle, ce qui ne l’a pas empêché de s’intéresser à l’occultisme et de se lier aux Rose-Croix.
Les billets de 500 COURONNES portent le visage de Bojena Nemcova (1820-1862). Elle est l´un des ecrivains les plus influents de le Renaissance litteraire Tcheque du 19e siecle. Son œuvre la plus célèbre est le conte Grand-mère (Babička - 1853) connu de tous les Tchèques. Sur les billets de 1000 COURONNES vous pouvez découvrir l’historien et homme politique Frantisek Palacky (1798-1876). Fils d’une famille protestante tchèque, il étudie les langues slaves et devient historiographe et archiviste des Etats de la Couronne de Bohême. Il entreprend la publication (1836 - 1867) de son œuvre capitale, l'Histoire du peuple tchèque en Bohème et Moravie. En 1848, il est élu président du Parlement slave de Prague lors du Printemps des peuples. En 1860, il signe la pétition-memorandum destiné à l'Empereur pour protester contre les discriminations, linguistiques essentiellement, dont fait l'objet le peuple tchèque. Palacky a redonné son histoire au peuple tchèque, l’a aidé à prendre conscience de lui-même, après près de deux siècles de déni au bout desquels la langue et la culture tchèque avaient presque disparus. Et sur les billets de 2000 COURONNES c’est Ema Destinnova (1878-1930) qui vous sourit. Elle se destinait d’abord au violon, mais c’est sa voix qui lui vaudra la célébrité. Elle devint une diva de première ordre, d’abord à Berlin, puis à Bayreuth, Londres et aussi à New York. Sa carrière déclina avec le déclenchement de la 1ere Guerre Mondiale. Ses liens avec la cause des patriotes tchèques lui vaudra d’être tenue en résidence surveillée.
Enfin, il y a encore un billet de 5000 COURONNES que je ne peux pas vous montrer pour la simple et bonne raison que je l’ai pas encore eu entre les mains. Mais si vous le croisez, vous verrez dessus Tomas Masaryk (1850-1937), dont vous pouvez voir la statue a gauche, le fondateur de l’Etat Tchécoslovaque. De père Slovaque et de mère Allemande, il gagne sa vie dès 15 ans comme précepteur dans de riches familles Allemandes. L’une de ces familles le protège et lui paye des études, à Brno puis à Vienne, au bout desquelles il devient professeur. En 1882, il intègre l’Université de Prague, alors divisée en deux sections : Allemande et Tchèque. Il prend des positions anti-catholiques, anti-nationalistes, et se rend célèbre en défendant un concitoyen de confession juive accusé de meurtre rituel. Au terme de la 1ere Guerre Mondiale, lorsque sa Tchécoslovaquie voit le jour après la dislocation de l’Empire Austro-Hongrois, il est nommé chef du gouvernement provisoire, puis élu président en 1920 et réelu en 1928 et 1935, mais démissionne, gravement malade et laisse sa place a Beneš.

















